Haibun urbain à Belleville

Publié le par haidjin

A tout berzingue, les freins lâchés, cheveux au vent, les vélos dévalent a pente de la Porte des lilas jusqu'au canal Saint Martin. Par contre, je vois peu de silhouettes en danseuse à l'assaut de la côte. Rue de Belleville descente de velolibs - remontés en camion Moins buccoliques , les incontournables transports collectifs: Plus personne maintenant ne se lève pour laisser sa place. Le casque sur les oreilles, les yeux dans le vide, chacun pour soi pas de B A BA de la politesse dans le RER Avec l'arrivée de nombreux artistes, Belleville embellit Enfin , la transformation d' espaces résiduels. Des jardins à l'assaut du ciel Couvert de lierre le mur reprend vie - jardin vertical Les artisans disparaissent peu à peu. Les restaurants et les cafés poussent comme des champignons. Enfin, une librairie a surgi au coin de ma rue. On y fait des causeries sur notre environnement. Je me suis rendue hier à une conférence sur l'architecture. Le credo du conférencier me paraîssait quelque peu utopique il veut l'horizon au coeur de la ville Claude Parent Le Shah d'Iran avait fait appel à lui pour construire le pavillon de l'Iran à la Cité U Très belle architecture de métal , très moderne mais plus complexe que le béton à entretenir Pour la cité U architecture de métal - helas elle rouille En mai 68, les étudiants qui habitaient ce lieu , étaient tellement heureux qu'ils ont décidé de s'organiser pour protéger leur pavillon des dégradations Mai 68 son batiment protégé par un cordon sanitaire Néanmoins , le symbole du Shah n'a pas pu s'en sortir indemme. "inauguration la plaque du shah bombée en rouge" Claude Parent a dû lutter longtemps pour imposer son bâtiment "construire c’est d’abord resister à tous les refus - tenir jusqu’au oui" Selon lui, Même les grands noms de l'architecture doivent étre soutenus par un lobbing pour imposer leur architecture " suffit pas d’être une star faut communiquer si on veut construire" La bataille des écoles faisait rage. Quand il était étudiant, les professeurs de son école ne supportaient pas la rivalité avec ce nouvel architecte autodidacte qui faisait tant parler de lui: " dans mon école Interdit d’évoquer Le Corbusier " Claude Parent ne supportait pas l'autorité de l'Ingénieur qui voulait renforcer tous les angles, et celle du pompier qui par mesure de sécurité, exigeait de doubler tout avec un matériau dont le danger est enfin reconnu: " L’amiante –quand je pense Imposée par sécurité par le pompier !" La rénovation était quelque peu problématique et Claude Parent était au début assez ouvert à l'idée de quelques modifications ... jusqu'à un certain point ! "tout, tout tout mais pas de verre surtout sur mon bâtiment !" il revendique très fort les larges espaces vides laissés aux étudiants " la continuité du regard j’imposerais si j’étais urbaniste " Il regrette beaucoup le peu d'estime accordé au vide dans notre culture. " un bon bâtiment repose sur l'articulation des vides " Et selon lui, la seule bonne façon de penser au vide, de le gérer, de lui laisser sa place, passe d'abord par le vide lui même : " Construire dit -il c'est d'abord tout détruire- rien n'est possible sans" Ses conseils aux jeunes architectes se sont terminés tard dans la soirée. Le libraire qui l'avait invité nous a gentiment offert un verre. Pas facile d'avoir une librairie aussi spécialisée dans un quartier populaire " L'urbain plombe mon stock - pour survivre d'autres livres - à rotation rapide " Au coeur de Belleville, la violence du quota: craignant la police chinoise défenestrée une sans papier les sorties d'école se transforment en western: pépé sans papiers à la sortie de l’école gaz lacrymogènes les expulsions se multiplient: Asile politique Amnésie pour un quota un kurde chez les turcs Catherine Belkhodja Urbaniste, architecte DPLG propose ici un haibun urbain expérimental: Haibun urbain expérimental Le début du haibun est un regard sur le quartier de Belleville. Puis, à la suite d' une conférence à la librairie " Le genre urbain" donnée par Claude parent, quelques notes et considérations prises sous la forme de haiku. Les commentaires en prose alternent avec les réponses et les citations de l'auteur" A la suite de la conférence, l'évocation du quartier reprend, avec le contexte politique qui sévit dans le quartier: la chasse à l'étranger. Le haibun se termine brusquement , sur le renvoi d'un kurde , exilé politique en Turquie. Haibun urbain expérimental haibun-interview Belleville. mars 08

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C
désolée, tant que je ne parviens pas à faire la mise en page souhaitée, il m'est impossible de publier haiku ou haibun ...
si quelqu'un peut m'expliquer comment faire , je serais ravie
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