Chris Marker à Zürich: Adieu au cinéma

Publié le par haidjin

Museum fŸr Gestaltung Ausstellungsstr. 60, 8005 ZŸrich Suisse Tél: 043.4466767 Tue-Thu 10-20, Fri-Sun 10-17 Au mois de Mars 2008, au nouveau musée de Zurich, Chris Marker présentera une exposition intitulée Adieu au cinéma. Depuis quelques années, Chris Marker délaisse le cinéma au profit de l'art contemporain. Sa première grande exposition " Silent Movie" , commandée lors du Centenaire du Cinéma, a été d'abord présentée à l'Université avant d'être présentée au MOMA de New-York , et de voyager dans plusieurs capitales. Elle sera aussi présentée à Zûrich. Dans Level Five, dont la sortie a eut lieu il y a une dizaine d'années, Chris Marker dénonçait les suicides en chaîne lors de la bataille d'Okinawa. L'armée japonaose avait donné l'ordre de ne pas se faire prendre vivant par l'armée américaine et la population, qui ignorait parfois que la guerre était terminée, appliquait les consignes à la lettre. On assiste dans ce film à un témoignage bouleversant d'un révérend qui raconte comme des familles entières étaient ainsi décimées. Ce rôle de l'armée japonaise a failli être remis en cause par un sérieux nettoyage des manuels scolaires. Mais les plus grands historiens , appuyés par une opinion publique largement mobilisée , ont vigoureusement protesté contre ce " nettoyage de l'histoire . Les pressions ont été si fortes que le gouvernement japonais a dû renoncer à ce projet. Le Mercredi 26 décembre, le ministère japonais de l"éducation est revenu sur sa décision de modifier le contenu des manuels scolaires d'histoire destinés aux lycéens. Il a donc approubé réintroduction de la mention du rôle de l'armée impériale dans les suicides collectifs de civils pendant la bataille d'Okinawa, au cours des derniers mois de la seconde guerre mondiale. Au lieu de la formulation "des habitants furent forcés de se suicider par l'armée impériale", les ouvrages ne devaient plus mentionner que "certaines personnes ont été conduites au suicide", sans préciser par qui. Le ministère justifiait sa décision par une "absence de preuve que l'armée a ordonné les suicides". Cette modification a suscité la colère des habitants d'Okinawa, où la bataille entre mars et juin 1945 fit près de 200 000 morts, dont un quart de la population locale. Le 29 septembre, une manifestation a rassemblé 110 000 personnes près de la capitale préfectorale Naha, du jamais-vu dans le petit archipel depuis 1972, quand les Etats-Unis ont replacé Okinawa sous souveraineté japonaise. Plusieurs historiens ont critiqué la démarche du gouvernement. Ils ont fait remarquer que la commission du ministère chargée du contenu des manuels réunissait des chercheurs proches de Takashi Ito, professeur à l'université de Tokyo connu pour ses positions révisionnistes. Kenzabuno OE, prix Nobel de littérature , qui a écrit Notes d'Okinawa en 1972, subissait lui aussi un procès car il affirmait dans son ouvrage que l'armée a ordonné des suicides de civils. Il était attaqué par Yutaka Umazawa, un ex-commandant de l'armée impériale qui était affecté à l'île Zamami, à Okinawa, pendant la bataille. On aimerait la même vigilance pour un regard plus honnête sur les anciennes colonies françaises .

Publié dans Expositions

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